Le français d'Afrique de l'Ouest, c'est le nouchi ivoirien, le camfranglais camerounais, c'est la créativité linguistique à l'état pur. Ici on "enjailler", on "ambiancer", les mots dansent le coupé-décalé et chaque jour invente de nouvelles expressions qui font le tour du monde.
"S'enjailler, ça veut dire être excité, en faire trop, vraiment en kiffer trop. Par exemple, je crois que j'ai cuisiné pour 10, je me suis un peu enjaillée, on n'est que 5 ce soir."
Wari
L'argent, le cash, la maille, les billets. En Afrique de l'Ouest, wari c'est le mot universel pour parler de la thune. Ça vient du bambara, la langue la plus parlée au Mali, où wari désigne tout simplement la monnaie. Le mot a voyagé avec la diaspora et s'est installé dans le nouchi ivoirien, le parler dakarois et même chez les rappeurs français qui le sortent en studio.
Tchip
Ce bruit de succion des dents qui dit plus que mille mots. Un tchip bien placé, c'est du mépris concentré, du dédain en version sonore, un tais-toi-tu-me-fatigues sans ouvrir la bouche. Ça vient d'Afrique de l'Ouest et des Antilles, où c'est un langage à part entière. Y a le petit tchip discret de l'agacement, et y a le gros tchip bien appuyé qui te dit que t'existe plus.
Djo
Un gars, un mec, un type. En Afrique de l'Ouest francophone, djo c'est le mot passe-partout pour désigner un homme, souvent jeune. Ça peut être ton pote, un inconnu dans la rue ou toi-même quand tu parles de toi à la troisième personne. Le mot vient du nouchi ivoirien et s'est répandu dans toute la sous-région. C'est direct, familier, sans chichi.
Gaou
Le naïf, le pigeon, celui qui se fait rouler sans s'en rendre compte. Popularisé par Magic System avec leur tube Premier Gaou, le mot vient du nouchi ivoirien. Premier gaou n'est pas gaou, c'est le deuxième gaou qui est gaou, comme dit la chanson. Se faire avoir une fois c'est humain, deux fois c'est de ta faute.
S'enjailler
Ça veut dire faire la fête à fond, kiffer, se lâcher jusqu’à oublier l’heure et les soucis. Tu l’emploies quand l’ambiance est trop bonne et que tout le monde est en mode danse, rires, chaleur. Le mot est très associé au français ivoirien et aux soirées portées par le coupé-décalé, puis il a voyagé et s’entend aussi chez les jeunes en France.