Le créole réunionnais donne au français de l'île un parfum unique, mélange d'influences malgaches, indiennes, chinoises et africaines. Ici on "cause créole" avec une fierté immense et les expressions sont aussi métissées que la population. Un vrai bonheur linguistique.
Nénène
La nounou, la gardienne, celle qui s'occupe des marmailles pendant que les parents bossent. Le mot vient du créole réunionnais et il porte toute la tendresse d'une époque où les nénènes faisaient partie de la famille. C'est pas juste garder les gamins, c'est les élever, les nourrir, les câliner comme les siens. Un mot chargé d'affection et de respect.
Kaz
La maison, le chez-soi, le foyer en créole réunionnais. La kaz c'est pas juste quatre murs, c'est le cour de ta vie, là où tu fais cuire le rougail, où la famille se retrouve le dimanche, où tu te sens en sécurité. Quand un Réunionnais t'invite à sa kaz, c'est un honneur, faut pas refuser.
Tiembé
Tenir, résister, pas lâcher. Le tiembé réunionnais c'est l'art de tenir bon face aux cyclones, aux galères du quotidien, aux prix du billet d'avion pour la métropole. C'est un mot qui porte la résilience créole, la force tranquille des gens de l'île qui savent que le soleil revient toujours après la pluie.
Cari
Le cari, c’est le mijoté réunionnais par excellence, le plat qui met tout le monde d’accord autour de la marmite. Poulet, poisson, porc ou zourite (poulpe), revenu avec oignons, ail, gingembre, tomates et curcuma jusqu’à ce que ça embaume la case. Ça se sert quasi toujours, à midi comme le soir, avec riz, grains et un rougail qui pique comme il faut.
Rougail
Petit mélange pimenté qu’on écrase au mortier, le rougail, c’est la bombe qui réveille le cari et le riz. Base tomate ou bringelle, oignon, piment, gingembre, sel, chacun a sa recette et son niveau de feu. Par extension, on dit aussi rougail saucisses pour le plat culte où les saucisses mijotent dans une sauce tomate épicée.