Les Belges francophones ont un trésor d'expressions que les Français ne comprennent pas, et c'est leur plus grande fierté. Ici on "fait la file", on boit des "pils", on va en "kot" et on fait la "guindaille". Une fois, c'est comme ça et c'est tout.

Faire la file
Agathe · Suisse romande
"Faire la file, ça veut dire faire la queue, attendre son tour. Par exemple, hier j'ai fait la file pendant une heure à la boulangerie. Finalement, quand c'est arrivé mon tour, il n'y avait plus le pain que je voulais."
Ducasse
Roberto · Lille
"Ducas. Alors le Ducas, c'est comme le foire. Il n'y a que des Ducas, je crois qu'on dit comme ça, dans le Nord. Ça donne roh. Eh, sous quelle tête du casse, Biloute ? Je vais te déraquer la goutte à poudreuse avec ma cornette frite. Oh, t'auras vu le bazar"

Bouquin

Un bouquin, c’est un livre en mode familier, souvent celui qui traîne dans le sac ou qui sent un peu la page jaunie. Ça peut être un roman, une BD, un pavé ou un petit poche. Le mot évoque direct les bouquinistes et les étagères qui débordent. Et bouquiner, c’est lire peinard en oubliant l’heure.

"Dans le métro, j’ai ouvert mon bouquin deux minutes et bim, station dépassée. Le contrôleur faisait son speech, moi j’étais scotché à l’histoire."

Ducasse

La ducasse, c’est la grosse fête du quartier, une kermesse XXL où ça sent la frite et le croustillon. Manèges, auto-tamponneuses, pêche aux canards, stands qui hurlent, et la p’tite bière qui suit. Le mot vient de dédicace, la fête de l’église, mais aujourd’hui c’est surtout prétexte à se retrouver et claquer ses pièces.

"Ce week-end, c’est la ducasse à Wazemmes, biloute. On s’envoie un tour d’auto-tamponneuses, puis croustillons, et on finit au comptoir, poches vides."

Faire la file

Ça veut dire patienter aligné derrière les autres, comme quand tu attends des frites ou des places de ciné. Au lieu de dire faire la queue, on dit faire la file, parce que tout le monde est en file. C’est super courant en Belgique, et au Québec aussi. Et oui, chacun trouve l’autre tournure chelou.

"— Y a beaucoup de monde au cinéma, une fois ? — Grave, on fait la file depuis vingt minutes, ça bouge pas, et le gars devant compte sa monnaie."

Septante

Ça veut dire 70, point. Hyper courant en Belgique et en Suisse romande, et franchement plus logique que le casse-tête soixante-dix. Le mot vient du latin septuaginta et il a longtemps traîné en français avant que la norme parisienne impose soixante-dix. Bonus: en Suisse tu croiseras aussi nonante, et souvent huitante pour 80.

"Une fois à Bruxelles, le vendeur me sort: ça te fait septante balles. J'ai bugé deux secondes, puis j'ai capté: 70, tout simple."

Nonante

Ça veut dire 90, tout simplement. Plutôt que de bricoler un quatre-vingt-dix à base de vingt, on reste sur une logique décimale, comme septante et nonante. Dans la vie de tous les jours, tu l’entends partout pour les prix, les âges, les horaires. Si tu balances ça en France, on risque juste de te demander de traduire.

"— Tu me dois combien pour la tournée d’hier ? — Nonante balles, fieu. — Hein ? — Ouais, quatre-vingt-dix, t’inquiète, c’est juste le belge qui parle."

Voix du peuple

La théorie c'est bien beau... mais ce qui nous fait vraiment kiffer chez les Magikitos, c'est entendre les gens de Belgique dans leur flow naturel. Si tu connais une expression typique de là-bas, envoie-nous une note vocale sur WhatsApp avec un vrai exemple. On l'ajoute aux voix de ta zone !

Ton panier : 0,00 € (0 produits)