Le parler niçois, c'est le nissart qui s'invite dans le français avec l'élégance de la Promenade des Anglais. Ici les mots ont des couleurs méditerranéennes, l'accent chante et les expressions sentent bon la socca et la pissaladière.
Débarouler
Dégringoler, dévaler, arriver en trombe. Quand tu débaroules, tu descends vite et pas toujours de façon gracieuse. Ça peut être les escaliers, une pente, ou juste débarquer quelque part sans prévenir. Le mot vient du provençal et il garde cette énergie du Sud où tout va vite et fort. L'image est parfaite pour un truc qui arrive en cascade.
Nissa la bella
C'est le nom de Nice en nissart, la langue locale, et aussi le titre de l'hymne officieux de la ville. Tu la sors pour revendiquer ta fierté niçoise, c'est un peu le cri de ralliement entre gens du cru. Ça claque bien en terrasse devant un rosé, surtout quand un Parisien essaie de donner son avis.
Cagou
Le trouillard, le froussard version niçoise. Le cagou c'est celui qui recule devant tout parce qu'il a peur de son ombre. Le mot vient du provençal cagar et ça te donne une idée bien nette de l'image derrière. Entre potes c'est affectueux, tu le balances pour chambrer celui qui veut pas sauter du plongeoir. Avec les autres, c'est un peu plus piquant.
Merda
Juron niçois, direct du nissart et de l'italien, tu le lâches quand ça va pas. C'est le merde local mais avec l'accent du soleil, ça passe presque pour un mot doux. Les vieux Niçois l'utilisent comme ponctuation, entre deux phrases, quand la pétanque va mal ou que le pastis est tiède.
Esquicher
Serrer, tasser, presser, jusqu’à te faire sentir façon boîte à sardines. Tu peux esquicher quelqu’un dans la foule, ou te faire esquicher dans le bus quand ça déborde. Ça décrit le moment où t’as plus d’espace, tu respires petit et tu bouges plus. Le verbe vient du provençal esquichar, très courant dans le Sud.