Ce que ça veut dire
Le potin, le ragot, le commérage version Afrique centrale. Le kongossa c'est un art de vivre à Douala, Yaoundé et Brazza. Quand on fait du kongossa, on transmet les nouvelles croustillantes du quartier avec un talent narratif digne d'un conteur professionnel. C'est mal vu officiellement, mais tout le monde adore en faire.
Exemples d'usage
"Les mamans du quartier font du kongossa au marché depuis ce matin. Apparemment, le pasteur a été vu au maquis avec la coiffeuse du coin. L'affaire est chaude."
"Les tantes du salon de coiffure de la rue Bandundu à Douala font du kongossa chaque samedi matin du quartier de la Bonapriso, le mariage de la fille du commerçant du marché central est analysé sous tous les angles de la robe de la mariée, le menu du buffet de la réception du restaurant La Falaise et la dot offerte par la famille du marié de Yaoundé."
"Au stade municipal de la cousine du quatorzième arrondissement de Paris dimanche après-midi, la diaspora camerounaise du quartier de la rue d’Alésia a fait du kongossa pendant deux mi-temps du match du tournoi inter-communautés, le nouveau directeur du restaurant Le Negus de la rue Sainte-Anne a été commenté sous toutes les coutures du tissu wax du menu."
D'où ça vient
Kongossa est un mot du français parlé d’Afrique centrale, attesté dans le français du Cameroun depuis les années soixante, dont l’étymologie remonte aux langues bantoues parlées dans les régions du sud-ouest et du centre de l’ancien protectorat allemand du Cameroun. Le terme désignait à l’origine la conversation des femmes des marchés des villages traditionnels des peuples Bassa, Douala et Bakoko, où les nouvelles du quartier et les commérages familiaux se transmettaient pendant les heures de la vente des produits de l’agriculture vivrière. Le mot est entré dans le français urbain des grandes villes du Cameroun, du Gabon et de la République centrafricaine au cours de la deuxième moitié du vingtième siècle et a été exporté en France par la diaspora francophone d’Afrique centrale.
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