Ce que ça veut dire
Feinter, en mode street, c’est se faire rouler. Quelqu’un te raconte une belle histoire, te vend du rêve, et au final t’as juste pris une feinte, donc tu t’es fait arnaquer. Le verbe existe en français classique, mais là il glisse vers l’idée de piège bien placé. Quand on te feinte, c’est propre, rapide, et ça pique après coup, pour de vrai.
Exemples d'usage
"J’ai pris un vélo soi-disant nickel, le gars m’a feinté, frein arrière HS et chaîne rincée. Maintenant je vérifie tout, sinon c’est mort, gavé."
"Je me suis fait feinter par le vendeur du marché des Capucins à Bordeaux samedi matin, il m’a passé trois douzaines d’huîtres en présentant une qualité spéciale, et au moment de l’ouverture chez moi j’ai trouvé la moitié des bivalves déjà ouverts et plus très frais du tout."
"Le cousin s’est fait feinter par l’agence immobilière de la rue Sainte-Catherine à Bordeaux avec un appartement annoncé refait à neuf sur la page du site, et la première visite a révélé un parquet abîmé, des murs lézardés et une cuisine équipée des années quatre-vingt-dix-huit avec les portes des placards mal alignées."
D'où ça vient
Feinter au sens d’arnaquer est une extension argotique du verbe classique feinter, du substantif feinte, lui-même dérivé du verbe latin fingere, façonner, modeler, qui désignait initialement le faux mouvement du combattant pour tromper l’adversaire dans l’escrime du seizième siècle. Le sens d’escroquerie au sens propre est apparu dans l’argot bordelais des chantiers maritimes du vingtième siècle, où feinter le client signifiait lui vendre une marchandise altérée en lui faisant croire à un produit de qualité. La survivance du terme dans le parler local de la Gironde témoigne du conservatisme régional du vocabulaire commercial portuaire.
Autres façons de le dire
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