Ce que ça veut dire
C’est le dodo, le sommeil qui te tombe dessus comme un plaid. La pionce, c’est quand tu lâches tout et tu coupes le monde, écran noir, cerveau en mode avion. On l’emploie aussi avec le verbe pioncer, s’écrouler et dormir d’un trait, souvent parce que t’es claqué après une journée trop longue ou une nuit trop courte.
Exemples d'usage
"J’suis en PLS, j’ai les yeux en compote. Là je rentre, je pionce direct, même pas je dîne. Bonne pionce, demain on fera semblant d’être frais."
"Après le déjeuner familial du dimanche à Annecy, papi part faire la pionce dans le canapé du salon, journal ouvert sur les genoux, télévision sur le championnat de cyclisme, et personne n’ose monter le son du téléviseur avant trois heures."
"Le retour du Pays Basque en voiture après le mariage de la cousine s’est terminé par une pionce générale dans la voiture sur l’aire d’autoroute de Pamiers, quatre adultes effondrés dans les sièges, un enfant qui ronflait sur l’accoudoir central, et personne pour réveiller personne avant l’arrivée du chien."
D'où ça vient
Pionce vient de pioncer, verbe argotique attesté en français parlé depuis le milieu du dix-neuvième siècle, lui-même dérivé du verbe ancien piauler, somnoler en émettant un petit son comme le poussin sous la mère poule. La langue militaire de la Grande Guerre a fixé pionce dans le vocabulaire des soldats des tranchées, qui dormaient à la moindre accalmie après les bombardements, et la formule la pionce est devenue substantif courant dans le retour à la vie civile des années vingt. Le mot conserve aujourd’hui le parfum doux de la sieste lourde et bien méritée.
Autres façons de le dire
Ton vote compte
Vraie expression de rue ou on a déliré ? Vote.