Ce que ça veut dire
Complètement bourré, bien éméché, au point de plus marcher droit. Brindezingue, c’est le genre de mot qui claque et qui fait presque entendre les neurones patiner sur place. On l’utilise pour quelqu’un qui a trop trinqué et qui commence à parler trop fort, à rigoler pour rien, et à faire des trajectoires en zigzag sur le trottoir.
Exemples d'usage
"Hier soir, il est rentré brindezingue, il a salué le paillasson, puis il a cherché son téléphone alors qu’il l’éclairait avec."
"Hier soir mon coloc de la rue de la Roquette du onzième arrondissement de Paris est rentré brindezingue du pot de départ du collègue du bureau du Marais, a salué le paillasson de l'entrée de l'appartement avec une politesse cérémoniale du curé du dimanche, puis il a cherché son téléphone portable pendant dix minutes alors qu'il l'éclairait avec la lampe-torche à la main."
"La cousine de Bordeaux est arrivée brindezingue à la cérémonie du mariage de la nièce du cousin au domaine viticole de Saint-Émilion samedi dernier, le verre de Champagne du cocktail de l'accueil avait été suivi de trois verres de Sauternes en apéritif sur la terrasse du château, et la mère du marié l'a discrètement dirigée vers la chaise du fond pendant le discours du parrain."
D'où ça vient
Probable formation expressive du français populaire du dix-neuvième siècle, peut-être croisement du brindille (rameau menu fragile prêt à se casser) avec une finale onomatopéique -zingue rappelant le bruit du verre choqué au comptoir du zinc des cafés parisiens de la Belle Époque. L'adjectif s'est cristallisé dans l'argot des bistrots de Belleville et de Ménilmontant au tournant du vingtième siècle comme alternative imagée à bourré, rond ou pété, et survit aujourd'hui dans le français familier comme jugement amusé du lendemain de la soirée du samedi du quartier latin de Paris.
Autres façons de le dire
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