Voix de la rue
Ce que ça veut dire
Faire le mec ou faire la meuf, c’est jouer la posture en mode démonstration, gonfler la silhouette, baisser la voix d’une demi-octave, sortir le sourire calibré comme dans la pub. Tu vois venir le numéro dès l’arrivée sur le trottoir: le pas plus large, la veste cintrée, la mâchoire serrée, le sac à main porté comme un sceptre. C’est rarement méchant, juste le théâtre du quotidien quand la confiance hésite et qu’il faut convaincre le miroir avant le reste du monde.
Exemples d'usage
"Devant les gens il fait le mec, mais en vrai il est timide de ouf."
"Le cousin fait le mec au festival de musique du parc Floral de Paris, ray-bans noires accrochées au col, t-shirt blanc immaculé et trois bracelets africains au poignet, alors qu’il a passé l’après-midi à boire une limonade rose et à écouter le concert acoustique de la scène secondaire."
"La nouvelle stagiaire du service marketing fait la meuf au pot de Noël du bureau de la place de la Bourse, talons hauts, voix posée et trois citations de Simone de Beauvoir glissées dans la discussion avec le directeur général, qui répond comme s’il avait préparé son rôle face à un miroir."
D'où ça vient
Mec et meuf appartiennent au lexique du verlan parisien des années soixante-dix et quatre-vingt, qui a inversé les syllabes des mots homme et femme pour produire des formes nouvelles de l’argot des cités franciliennes. La construction faire le mec et faire la meuf est attestée dans le rap français de la seconde vague à partir des années deux mille, avec le sens de jouer un rôle sexué stéréotypé pour impressionner. La formule a quitté les banlieues pour la cour de récré et les magazines lifestyle dans la décennie suivante.
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