Voix de la rue
Ce que ça veut dire
Se faire tej, c’est la version verlan du grand classique se faire jeter, à savoir prendre la porte sans appel: refus d’entrée en boîte, recalage à la fac, renvoi sans préavis du nouveau boulot. La courte syllabe finale claque comme un guichet qui se ferme. On l’emploie à l’oral, à l’écrit dans les groupes de potes, et de temps en temps même au journal télévisé quand le présentateur se laisse aller. Le ton glisse entre la rigolade entre amis et la honte sourde à raconter.
Exemples d'usage
"Il a voulu rentrer sans être invité, il s’est fait tej comme une vieille chaussette."
"Je me suis fait tej de la boîte place de l’Étoile parce que mes baskets blanches étaient un peu trop propres pour le videur, j’ai fini la nuit à manger un kebab debout sur le trottoir de la station Charles-de-Gaulle."
"Mon cousin s’est fait tej de la formation après deux semaines de cours, il avait raté trois TP et fait éclater de rire toute la promo pendant la présentation du chargé de TD, la directrice a sifflé la fin du film."
D'où ça vient
Tej est le verlan de jeter, formé dans les années quatre-vingt-dix dans le parler des cités d’Île-de-France selon le même procédé que cimer ou tieks. Le verbe a d’abord circulé dans les paroles de rap français à partir de mille neuf cent quatre-vingt-quinze environ, avant de s’installer dans la langue parlée quotidienne avec le sens étendu qu’on lui connaît aujourd’hui. Se faire tej a remplacé peu à peu se prendre une porte dans le vocabulaire des jeunes adultes des grandes villes francophones.
Éditeurs de ce terme
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