Voix de la rue
"Bobo, en argot français, c'est un mot qui a deux significations. Le premier sens est un peu enfantin, ça veut dire une blessure, quelque part où on s'est fait mal. Et le deuxième sens, ça veut dire bourgeois bohème. Donc c'est quelqu'un qui a les revenus d'un bourgeois, mais qui préfère un style de vie qu'on peut considérer un peu alternatif, un peu bohème, la plupart du temps de gauche, et qui va se retrouver dans des quartiers qui étaient avant populaires, et qui maintenant sont complètement gentrifiés, comme la Croix-Rousse à Lyon, par exemple. Exemple... Hé, ça te dit, on va à la Vogue ? Ah ouais, mais c'est devenu trop cher, ça remplit de bobos, là-bas."
Ce que ça veut dire
Bobo a deux vies. D’abord le bobo de gosse, la petite blessure qui mérite un pansement et trois bisous. Et puis le bobo bourgeois bohème, blindé mais en mode alternatif, qui squatte les quartiers populaires et les rend hors de prix. C’est souvent dit avec une pointe de moquerie, quand tu vois la gentrif à l’oeuvre et les cafés à 4 euros.
Exemples d'usage
"On va à la Vogue aux Terreaux ? Laisse tomber, c’est plein de bobos, un cookie à 6 balles et un tote bag plus cher que le manège."
"Le quartier de la Croix-Rousse à Lyon est devenu hyper bobo en dix ans, la boulangerie traditionnelle est partie, le concept-store de cosmétiques bio s’est installé, et un café à quatre euros cinquante est désormais le tarif normal du dimanche matin."
"Mes voisins sont des bobos parfaits du septième arrondissement, ils prennent leur fille à l’école en vélo cargo, mangent vegan le mercredi et viennent de mettre la même peinture bleu canard que toute la rue dans leur cuisine refaite."
D'où ça vient
Bobo dans le sens de Bourgeois Bohème est un anglicisme franc, inventé par le journaliste américain David Brooks en deux mille dans son livre Bobos in Paradise, où il décrivait la nouvelle classe urbaine fortunée mais à valeurs alternatives. Le français a importé le terme la même année via Le Monde et Libération, et il a tellement pris dans le vocabulaire que la connotation initiale plutôt amusée s’est durcie en moquerie au cours des années deux-mille-dix, à mesure que la gentrification se généralisait dans les grandes villes francophones, Lyon comprise.
Éditeurs de ce terme
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