Voix de la rue
"Tirer le diable par la queue, ça c'est ce qu'on dit chez nous, ça veut dire en fait tu vas avoir des problèmes d'argent, mettons tu vois tu parles de quelqu'un il a des très gros problèmes, tu veux dire il tire le diable par la queue depuis que son usine elle a fermé ses portes, c'est bien triste."
Ce que ça veut dire
Ça veut dire galérer avec l’argent, être ric-rac, devoir gratter partout pour finir le mois. T’es pas juste fauché une semaine, t’es dans une période où chaque facture te regarde de travers. On l’utilise souvent quand un coup dur tombe, genre fermeture d’usine, séparation, ou grosse tuile, et que tu tiens bon quand même.
Exemples d'usage
"Depuis que l’atelier a fermé, il tire le diable par la queue, il compte ses pièces au comptoir et il prie pour que la bestoule soit offerte."
"Depuis la fermeture de la mine en quatre-vingt-dix, la famille a tiré le diable par la queue dix bonnes années, et maintenant la petite-fille rouvre une brocante dans l’ancien atelier, tout le quartier passe encourager."
"Le mois de janvier on tire le diable par la queue tous les ans, les fêtes ont vidé le compte, le chauffage tourne à fond et la voiture choisit pile ce moment pour rendre l’âme sur le parking du Auchan."
D'où ça vient
Tirer le diable par la queue est une expression française attestée dès le dix-septième siècle, où elle apparaît déjà dans les recueils de proverbes du grand siècle. L’image vient d’un imaginaire populaire chrétien: quand tu n’as plus rien, tu en arrives à supplier le diable lui-même pour qu’il t’aide, en lui tirant la queue pour attirer son attention. Le geste est désespéré, presque ridicule, et c’est ce contraste qui a donné à la formule sa longue vie au-delà des malheurs domestiques de la France rurale.
Autres façons de le dire
Éditeurs de ce terme
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