Voix de la rue
Ce que ça veut dire
C’est quand t’as plus un rond, le compte est à sec et tu fais les poches de ta veste en mode espoir zéro. Tu l’emploies pour dire que c’est serré, que ça sent la fin de mois qui tape, sans faire un discours. Simple, efficace, et ça sort tout seul quand tu vois ton solde.
Exemples d'usage
"Ce mois ci c’est la dèche, j’ai mis trois trucs dans le panier et j’ai reposé le fromage comme si c’était un bijou"
"C’est la dèche complète à la fin du mois pour la famille du voisin du quatrième étage de l’immeuble de la rue de Belleville à Paris, le frère cadet vient de perdre le contrat d’intérim de l’entreprise de logistique, la mère travaille à temps partiel à la mairie du dix-neuvième arrondissement, et le frigo de la cuisine est presque vide depuis le mardi."
"C’est la dèche au studio de l’ami du master des Beaux-Arts de Lyon, la bourse du gouvernement a tardé six semaines à arriver sur le compte du Crédit Mutuel de la rue Mercière, le loyer du logement étudiant du quartier Saint-Georges a été payé en retard et la propriétaire a déjà envoyé deux courriers de relance polis mais fermes."
D'où ça vient
Dèche est un substantif d’argot français du dix-neuvième siècle, attesté dans le glossaire des Misérables de Victor Hugo de mille huit cent soixante-deux et dans la chronique des chiffonniers parisiens du même siècle. Le mot dérive probablement du verbe argotique décher, vivre dans le besoin, lui-même d’étymologie populaire incertaine que les linguistes rattachent au vieux français déchet, ce qui tombe, ce qui reste. La formule c’est la dèche s’est cristallisée dans le parlé populaire de la Troisième République comme synonyme de fauche absolue, transmise par les chansons réalistes des cafés-concerts parisiens d’Aristide Bruant et popularisée au cours du vingtième siècle par les romans de Henri Calet et Léo Malet.
Autres façons de le dire
Éditeurs de ce terme
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