Voix de la rue
Ce que ça veut dire
Ça veut dire se mettre en marche, bouger, partir d’un coup, souvent avec un petit ton pressé. Tu le balances quand faut arrêter de traîner et passer à l’action. Ça sonne un peu comme s’arquer, se tendre, comme si ton corps se mettait en mode ressort. Court, sec, efficace, pile pour éviter le retard.
Exemples d'usage
"Allez biloute, on sarker maintenant, j’ai rabaisé la porte et j’suis déjà dehors, si tu traînes encore on va louper la pinte"
"Allez biloute, on sarke, le bus pour Berck part de la gare de Lille Flandres dans douze minutes, et si on rate le huit heures vingt-cinq on devra attendre une heure et quart avant le prochain départ pour la Côte d’Opale du dimanche."
"Le tonton a sarké de son fauteuil au moment où la finale du tournoi de pétanque du quartier de Wazemmes commençait à la télévision, il a oublié son verre de chicorée sur la table basse et il est arrivé au bar du coin pile au premier point de la finale."
D'où ça vient
Sarker est un verbe du ch’ti, dialecte picard du Nord et du Pas-de-Calais, attesté dans les corons miniers de Roubaix et de Lens depuis le début du vingtième siècle. La racine est probablement liée au verbe néerlandais starken, raidir, qui décrit le geste du corps qui se prépare à un effort soudain. Les ouvriers des houillères utilisaient sarker pour signifier le passage de la pause à la reprise du travail, et la formule sarker, on y va est restée dans l’usage régional comme appel à l’action collective, transmise par les pères et les grands-pères de la génération du baby-boom.
Éditeurs de ce terme
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