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Chicon

Un chicon, c’est une endive, point. Dans le coin de Lille et chez les Belges, c’est le mot qui sort tout seul quand tu parles cuisine d’hiver, gratin de chicons, chicons au jambon, et compagnie. Dire endive passe partout, mais lâcher chicon, ça te donne direct l’accent du Nord et l’envie de béchamel.

"Ce soir, biloute, je te fais des chicons au jambon: si t’appelles ça des endives, Mamie va te regarder de travers."

Drache

Une drache, c’est une grosse pluie qui te tombe dessus d’un coup et te détrempe en deux minutes. En Belgique, on dit souvent drache nationale quand il flotte à verse le jour où tout le monde voulait sortir, faire un barbec ou traîner dehors. C’est le mot parfait pour ce moment où le ciel passe en mode rinçage collectif.

"— On file à la friterie ? — Oublie, ça drache sévère, une vraie drache nationale. On reste au chaud et on commande des frites."

Dringuelle

La dringuelle, c’est le pourboire, le petit extra que tu lâches quand le service a assuré. Le mot vient du néerlandais drinkgeld, littéralement l’argent pour aller boire un verre. On l’entend surtout en Belgique francophone, souvent avec un petit sourire, comme si c’était juste la moindre des choses, alors que ça fait toujours plaisir.

"Après deux boulets sauce lapin et une Jup’, je paye. Service nickel, je lâche une dringuelle à la serveuse et je me casse peinard."

Nonante

Ça veut dire 90, tout simplement. Plutôt que de bricoler un quatre-vingt-dix à base de vingt, on reste sur une logique décimale, comme septante et nonante. Dans la vie de tous les jours, tu l’entends partout pour les prix, les âges, les horaires. Si tu balances ça en France, on risque juste de te demander de traduire.

"— Tu me dois combien pour la tournée d’hier ? — Nonante balles, fieu. — Hein ? — Ouais, quatre-vingt-dix, t’inquiète, c’est juste le belge qui parle."

Septante

Ça veut juste dire 70. En Belgique et en Suisse romande, c'est le mot normal, rien d'exotique. Et franchement, il est limpide là où soixante-dix fait ses petits acrobatismes. C'est un vieux mot français hérité du latin, qui a continué sa route tranquille dans ces régions. Dans la même famille, t'entendras aussi nonante, et en Suisse parfois huitante.

"Une fois à Bruxelles, le vendeur me sort: ça te fait septante balles. J'ai bugé deux secondes, puis j'ai capté: 70, tout simple."

Spéculoos

Biscuit ultra croustillant aux épices, surtout cannelle, et à la cassonade, souvent le petit rectangle que le serveur te glisse avec le café. Beaucoup pensent direct à Lotus, tellement c’est partout, du bistrot au bureau. Chez nous, c’est le snack réflexe, et la version pâte à tartiner a fini de convertir les indécis au petit-déj.

"Tu veux un spéculoos avec ton café ? Mets-en deux, j’ai raté mon bus sous la drache. Sans ça, le café il fait la gueule."

Bobet

Un bobet, c’est le gars un peu simple, naïf ou distrait, celui qui fait des boulettes sans méchanceté. Ça pique moins que con ou idiot, c’est souvent dit en rigolant, presque avec affection, surtout entre proches. On l’emploie quand quelqu’un se fait avoir, comprend de travers ou oublie un truc évident. Bref, un petit maladroit attachant, pas un méchant vraiment.

"— J’ai laissé mes clés sur le contact, moteur qui tourne, et je suis parti acheter du pain. — Mais t’es un bobet, toi, sérieux."

Cayelle

Cayelle, c'est une chaise en parler du Nord. Le mot sort surtout dans la vie de tous les jours, à table, dans la cuisine, au café, quand t'entends un prends donc une cayelle et pose-toi un peu. C'est simple, local, bien ancré, avec ce petit goût picard-chti qui claque direct.

"Pose ton cornet deux secondes et viens sur la cayelle, biloute, t’es cuit, on va pas papoter debout comme des pingouins."

Bigo

Le bigo, c’est le téléphone en mode familier, souvent le portable. Tu l’entends dans passer un coup de bigo, donner un bigo, sortir son bigo. Le mot a un petit parfum rétro populaire, mais il tourne encore crème dans la bouche quand tu veux parler simple, direct, un peu old school sans forcer le folklore.

"T’oublie pas, passe-moi un coup de bigo quand tu sors du métro, j’suis devant le kebab. Si tu galères, demande au buraliste, il capte tout."

Être une cloche

Expression familière pour dire que quelqu’un est bête, pas très futé ou vient de faire une belle bourde. C’est souvent balancé en mode moquerie légère, plus pour chambrer que pour démolir. On l’entend aussi en version adjectif, genre t’es cloche ou j’ai été cloche, quand quelqu’un capte rien ou se plante en beauté.

"J’ai voulu faire le malin avec le plateau, bam tout par terre. Mon pote m’a lâché: t’es une cloche, et tout le bar a rigolé."
T'es sérieux là ?
Nadege · France
"T'es sérieux là ? T'es sérieux là ? En fait c'est juste une expression de surprise ou d'incompréhension, par exemple on peut dire oh, t'es sérieux là ? Tu vas vraiment partir sans dire au revoir ? Mais sérieux ? T'es vraiment sérieux ?"

T'es sérieux là ?

T’es sérieux là ?, c’est la phrase qui sort quand t’as un bug dans le cerveau face à ce que l’autre vient de dire ou de faire. Tu l’lâches quand ça te paraît abusé, lunaire, malpoli ou juste trop gros pour passer tranquille. Selon la tête, ça peut piquer sec ou faire marrer. En gros, tu regardes la scène, tu clignes des yeux, et tu poses ta question-massue.

"T’es sérieux là, tu pars sans dire au revoir et tu laisses la porte ouverte, on dirait tu joues à cache cache avec le respect"

Guindaille

La guindaille, c'est la grosse fête étudiante bien belge, bien arrosée, avec ses codes, ses chants et tout le folklore qui va avec. Ça boit, ça gueule les chansons, ça lève les verres en bande et ça traîne jusqu'à pas d'heure. C'est pas juste une soirée, c'est tout un rite de campus.

"Viens au kot après le cours, le cercle organise une guindaille: on chante, on descend deux pintes, et on finit à bouffer des frites à 3 h."

Baraki

Le baraki, c’est le beauf version belge, un type un peu crade ou négligé, bruyant, pas super fin, souvent en training et en mode je m’en fous. Ça vise autant le look que l’attitude, les manières ou la mentalité. Le mot est surtout courant en Wallonie, notamment du côté de Liège. C’est proche de cassos ou kéké, mais avec la sauce locale.

"Au barbecue du quartier, le baraki arrive en camionnette, training fluo, Jup à la main, musique à fond, et il tutoie tout le monde."

Dikkenek

Un dikkenek, c’est le frimeur qui se la raconte trop, le vantard avec l’ego plus gonflé qu’un sachet de frites. On balance ça pour remettre à sa place quelqu’un de trop sûr de lui, souvent sur un ton moqueur. Le mot vient du flamand, « dikke nek », littéralement gros cou, comme si sa nuque était remplie d’orgueil.

"Calme-toi, dikkenek, tu parles comme si t’étais le boss. T’as juste gagné au bingo du café. Viens boire une Jup, tu vas redescendre."

Voix du peuple

La théorie c'est bien, mais ce qu'on adore vraiment c'est entendre les gens dans leur flow naturel. Si tu connais une bonne expression de chez toi, apporte-la. Et si elle est déjà là, donne-lui ta voix. La carte sonore, on la construit ensemble.

Trouve ton expression et donne-lui ta voix

Une seconde: confirme que tu es une personne